Les Deux Mondes

La compagnie

Les Deux Mondes, compagnie phare du théâtre québécois, se dédie depuis plus de 40 ans à la recherche et à la création contemporaine. Depuis 2013, le dramaturge Sébastien Harrisson en est le directeur artistique et place le texte au premier plan de la création, tout en proposant une programmation par cycle de deux œuvres, l’une s’adressant au jeune public, l’autre au grand public. Dans un processus de création axé sur la recherche et l’expérimentation, les créateurs de tous horizons se rencontrent aux abords de ces deux mondes pour créer des univers hautement poétiques et humanistes.

Compagnie de tournée qui a visité les quatre coins de la planète, Les Deux Mondes a été à plusieurs reprises la première compagnie québécoise à traverser certaines frontières. Au fil des ans, ses créations ont été vues dans plus de 35 pays, 350 villes et près de 80 festivals internationaux, lui valant un rayonnement et une notoriété exceptionnels. Parmi les spectacles qui ont fait la renommée de la compagnie, notons Terre promise/Terra promessa (1989), L’histoire de l’oie (1991), Leitmotiv (1996) et Mémoire vive (2001).

Établie à Montréal, dans le quartier Villeray, la compagnie possède son propre lieu de recherche et de production qui abrite depuis 2011 le Théâtre Aux Écuries.

Sébastien Harrisson

Sébastien Harrisson
© Alex Paillon

« Un auteur doté d’une voix originale, qui embrasse le monde contemporain avec un lyrisme à la lisière du fantastique. »
-Fabienne Darge, Le Monde

Né au Québec en 1975, Sébastien Harrisson est auteur, directeur artistique et metteur en scène.

Après des études en littérature, il est admis, à 18 ans, à l’École nationale de théâtre du Canada. Il y acquiert sa formation auprès de certaines des figures les plus importantes du théâtre québécois, dont André Brassard, René-Daniel Dubois, Suzanne Lebeau et Normand Chaurette. Puis en 2001, il fait ses débuts sur la scène professionnelle en entrant par la grande porte : deux de ses pièces, Floes et Titanica, sont créées la même année au Théâtre d’Aujourd’hui et il est invité comme auteur en résidence au sein de ce théâtre.

Dès lors, son écriture, qui allie lyrisme et propos actuel, s’impose comme l’une des plus singulières de la dramaturgie québécoise contemporaine et suscite un intérêt par-delà les frontières. En France, il est joué sur plusieurs scènes, dont le Théâtre national de Strasbourg, le Théâtre de la Commune d’Aubervilliers et le Théâtre du Peuple de Bussang, en plus d’être invité comme auteur en résidence au sein de diverses structures, notamment le Festival de Limoges et la Cité internationale des arts de Paris. Du côté anglophone, il sera auteur en résidence à la Banff Playwrights colony et à la compagnie Paines Plough de Londres.

Rapidement, il s’intéresse aussi à l’écriture jeune public qui lui permet d’élargir le spectre de sa démarche et d’approfondir la veine « fantastique » propre à son travail. Il signera notamment pour les enfants Tara au théâtre de l’océan et Stanislas Walter LeGrand, de même que D’Alaska et Musique pour Rainer Maria Rilke en direction du public adolescent.

Puis de 2008 à 2013, il dirige le Théâtre Bluff, une compagnie de création pour adolescents fondée dans les années 90 et à laquelle il donne un nouveau souffle. En plus de ses propres textes, il y programme le travail de différents auteurs contemporains, dont Un monde qui s’efface de la poétesse et dramaturge américaine Naomi Wallace dont il signe lui-même la mise en scène.

En août 2013, il est nommé à la direction artistique des Deux Mondes, compagnie qui lui permet de concilier ses deux passions : le jeune public et le grand public.

Traduit en anglais, en allemand, en flamand et en espagnol, son théâtre est publié par Leméac Éditeur, Dramaturges Éditeur, Verlag der autoren et Playwrights Canada Press.

Projet artistique

Les Deux Mondes c’est la rencontre, au sein d’un même projet artistique, du jeune public et du public adulte, un carrefour où se marie la légèreté de l’enfance et de son imaginaire, avec les questions plus graves et parfois insolubles qui surgissent avec l’âge adulte. Faisant fi des étiquettes et des chapelles, la compagnie a, depuis toujours, fait le choix de s’adresser à tous en mettant de l’avant des univers hautement poétiques, portés tantôt par le texte et le jeu d’acteurs, tantôt par le théâtre d’objets, la musique ou l’image vidéo. Au cœur de cet éclectisme, une constante : un propos résolument humaniste qui, tel un fil rouge, fait la marque et la signature de la compagnie.

« Créer, c’est toujours parler de l’enfance. »
-Jean Genet

Possédant depuis 1995 son propre lieu de création équipé de studios d’enregistrement et de vidéo, de même que de salles de travail et de représentation, la compagnie a développé au fil des ans une approche singulière en matière de recherche et d’exploration. Cette approche, basée sur un processus échelonné dans le temps, permet le développement en simultané des différents langages composant le spectacle tout en favorisant, à diverses étapes, le partage du travail en cours avec des publics invités.

Depuis 2013, avec l’arrivée du dramaturge Sébastien Harrisson à sa direction artistique, la compagnie a choisi de remettre au cœur du processus de création qui est le sien, le texte. En proposant une programmation par cycle de deux œuvres –l’une s’adressant au jeune public, l’autre au grand public- que chapeaute un grand thème, Harrisson provoque la rencontre des écritures et des signatures d’auteur. À travers le dialogue qui en résulte se perpétue l’« esprit Deux Mondes », axé sur le partage et l’émulation, sur la rencontre entre des visions du monde qui, au contact l’une de l’autre, s’influencent, s’altèrent et se réinventent.

Historique

Historique
Daniel Meilleur, Monique Rioux et Michel Robidoux

1973-2013 : un projet artistique en constante évolution

C’est au début des années 70, dans la mouvance des collectifs de création, que Monique Rioux, France Mercille et Daniel Meilleur se rassemblent pour créer ce qui s’appelle alors La Marmaille. Comme son nom l’indique, la compagnie se consacre d’abord au théâtre jeunesse et son travail de création est aussi doublé d’un important volet d’intervention auprès des publics. Avec des propositions singulières et hors-normes, comme Cé tellement « cute » des enfants (1975), la compagnie s’impose d’emblée comme l’une des forces vives de la jeune création québécoise. À la même époque, la compagnie fonde, avec le Théâtre de l’Œil et le Carrousel, la Maison Théâtre.

À la fin des années 80, la compagnie, qui connaît un succès grandissant sur la scène étrangère, réalise sa première coproduction internationale avec le Teatro dell’Angolo de Turin; Terre promise/Terra promessa sera joué pas moins de 580 fois un peu partout à travers le monde. Compositeur attitré dès les premières années, Michel Robidoux se joint à la direction artistique en 1989.

Les années 90 sont marquées par une autre création au succès retentissant : L’histoire de l’oie de Michel Marc Bouchard qui sera jouée à 546 reprises et ce en français, en anglais, en allemand et en espagnol. Les spectacles de la compagnie touchant un public de plus en plus vaste, rejoignant à la fois le jeune public et le public adulte, la compagnie choisit aussi à cette période de changer d’appellation. La Marmaille devient alors Les Deux Mondes.

Puis à partir de 1996, avec la création du spectacle Leitmotiv, s’ouvre une veine d’exploration multimédia : le concepteur vidéo Yves Dubé se joint à l’équipe et l’image et la musique prennent une place grandissante dans les projets de création. Dans cette foulée, la compagnie choisit de se doter de son propre centre de production afin de pouvoir expérimenter les technologies qu’elle utilise et peaufiner ses créations. Suivront notamment, dans cette même veine, Mémoire vive (2001) et 2 191 nuits (2003), de même que Carnets de voyages (2008), un spectacle poétique qui pose un regard rétrospectif sur les nombreuses pérégrinations de la compagnie.

En 2009, la compagnie choisit de partager son centre de production et de diffusion avec un regroupement de jeunes compagnies rassemblées sous l’égide du Théâtre Aux Écuries.

En 2013, Daniel Meilleur, après quarante années à la barre des Deux Mondes, décide de tirer sa révérence et ses collaborateurs, Michel Robidoux et Yves Dubé, quittent aussi leurs fonctions. Alors que la compagnie se trouve à un moment charnière de son évolution, elle fait le pari audacieux de se réinventer en confiant sa direction artistique à un auteur. Depuis août 2013, la compagnie est dirigée par le dramaturge Sébastien Harrisson.

Découvrez la théâtrographie complète de la compagnie